190 salariés dans les tentacules du groupe Mulliez

Diramode est la centrale de distribution, vers les différents magasins Pimkie de France, des vêtements de prêt-à-porter féminin fabriqués dans les pays à bas coût de main d’oeuvre. Elle emploie quelque 600 salariés, dont 275 sur ses deux entrepôts nordistes de Neuvilleen- Ferrain et Wasquehal.

Créée en 1974 et longtemps leader sur son marché des 15 – 25 ans, l’enseigne Pimkie, fonord2.jpgl’une des multiples tentacules du groupe Mulliez, a voulu modifier sa gamme pour capter une clientèle encore plus jeune.

Bien mal lui en pris, l’apport de nouvelles clientes ne compensant pas, de loin s’en faut, les défections enregistrées parmi la clientèle traditionnelle qui n’appréciait guère de se voir proposer un choix de vêtements sensiblement réduit.

Perdre de l’argent, voilà qui ne pouvait plaire à la famille Mulliez qui virait manu militari l’ancienne direction et, en 2005, mettait en place une nouvelle équipe chargée de revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire la cible 15 – 25 ans.

Mais pour tenter de récupérer la clientèle partie à la concurrence, Pimkie était contraint de réduire ses marges.

Comment ?

Dans un premier temps en exigeant des producteurs qu’ils baissent leurs prix de vente, ce qui s’est traduit de fait par une dégradation de la qualité, et en procédant à une première réduction des coûts de fonctionnement par la fermeture de magasins, le non renouvellement des

CDD et la réduction de la durée contractuelle de salariés des magasins Pimkie qui majoritairement travaillent déjà à temps partiel.

Insuffisant pour le groupe qui décidait de tailler dans les effectifs des sites de Diramode de Neuville-en-Ferrain et Wasquehal, ainsi que dans ceux du siège international de Pimkie à La Madeleine. La bonne mesure selon les Mulliez étant de 138 suppressions de postes dans les deux entrepôts et 52 dans les services centraux du siège.

Soucieuse de l’image de marque de Pimkie et de l’honorable groupe, la coupe sombre a longtemps été occultée, la direction usant et abusant de mesures transactionnelles, rapidement dénoncées par l’Inspection du Travail, pour différer autant que faire se peut l’annonce d’un plan social qui n’aurait pas manqué de faire une mauvaise pub.

Ainsi, lors des réunions des 5 et 10 mars 2009 du Comité Central d’Entreprise (CCE), la direction a vaguement fait état de changements d’organisation, sans plus de précision, ce qui a eu pour effet d’inquiéter le personnel qui, à l’appel de ses représentants syndicaux, à massivement débrayé le 19 mars 2009 au matin.

Surprise par l’ampleur du mouvement, la direction s’engageait à donner des informations complémentaires pour le 14 mai, date à laquelle étaient annoncées au CCE les incidences de la restructuration, dont les 190 suppressions de postes.

Le jeudi 28 mai après-midi était programmée une réunion du Conseil d’administration de la société Pimkie, en son siège de La Madeleine. C’est également le jour et le lieu qu’avaient choisis les organisations syndicales pour organiser une manifestation visant à faire part de leur rancœur, de leur écœurement, de leur détermination à se battre.

Si de très nombreux salariés étaient venus des deux sites de Neuville-en-Ferrain et Wasquehal, dans le cadre d’un préavis de grève, les administrateurs nommés par le groupe avaient préféré se… défiler !!!

Cette dérobade n’a toutefois pas démotivé les grévistes qui, l’après-midi durant, ont martelé leur revendication, rappelée par notre déléguée syndicale FO (*)

Anne Fascella « le reclassement de tous les salariés dans lʼune des multiples enseignes propriété, comme Pimkie, de la famille Mulliez ».

Durant la période estivale, le CCE a fait valoir son droit à expertise sur la motivation des mesures envisagées par la direction, et ce préalablement à l’ouverture des discussions sur le Plan de Sauvegarde de l’Emploi.

Mais comme pour le groupe, un sou est un sou et la loi ne peut être que sa loi, la direction de Pimkie :

- Incite les salariés à postuler au plus vite aux offres d’emploi diffusées sur l’Intranet, officiellement dans le souci louable de diminuer le nombre de licenciements, officieusement dans le but moins avouable d’éviter de payer les indemnités qui pourraient ressortir de la négociation.

- Procède, d’ores et déjà, à des externalisations dans les secteurs informatique, logistique

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et RH du siège, et sans même attendre l’expertise et la consultation du CCE.

Voilà qui augure d’un long combat syndical et juridique pour que les mesures de

reclassement et d’accompagnement social soient à la hauteur de la fortune des Mulliez.

(*) Dans l’Unité Economique et Sociale Diramode Pimkie, FO est l’organisation syndicale majoritaire, avec une représentation du tiers des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles.

EXTRAIT DE NORD FO

n°159 -- Septembre 2009

Auteur :syndicat FO commerce

Section du COMMERCE de la Fédération des Employés et Cadres Force Ouvrière. (Regroupement des syndicats du commerce non alimentaire).

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