
Extrait du JEC n°19 -- janvier 2010
La section du Commerce vous souhaite une excellente année 2010
2009 aura été marquée par la «crise»… mais pas pour tout le monde, puisque les banques se sont remplumées. Mais aussi par de nombreux mouvements de grèves parsemés et de plans de licenciements qui continuent sur 2010, notamment celui des salariés de PIMKIE qui auront passé leur réveillon de Noël et du Nouvel An devant les grilles de leur entrepôt. La colère gronde également chez les salariés d’AMAZON. Pour les premiers, ils sont salariés dans un groupe qui appartient à la famille la plus riche de France : les MULLIEZ et pour les deuxièmes, ils font partie d’une des entreprises qui se porte le mieux sur le net.
Sans être des oiseaux de mauvais augure, en 2010 la situation ne pourra pas changer favorablement et surtout pas durablement,
étant donné que le mécanisme n’est pas remis en cause. Le système capitaliste est bien à l’origine de cette crise profonde et les réponses attendues n’ont obtenu comme réponse que la mise en pâture des traders et le projet d’une petite taxe sur les transactions.
La France aurait mieux résisté que d’autres pays grâce à des amortisseurs comme la protection sociale et le service public. Ouf… alors, nous attendons, pour 2010, le renforcement de ceux-ci, ce qui n’est pas le souhait des pouvoirs publics puisqu’ils comptent amplifier la RGPP.
Certains, dont notre organisation syndicale, appellent à la relance par la consommation, grâce à l’augmentation du pouvoir d’achat par les salaires.
Notre organisation syndicale réclame aussi une fiscalité plus juste et solidaire (qui a parlé de fraternité ?), nous attendons de réelles actions gouvernementales.
Ceux qui voudraient nous faire croire à une reprise, sont les mêmes qui s’opposent à nos revendications par des plans programmés en 2009 et qu’ils veulent mettre en œuvre ou continuer en 2010.
Par rapport à notre protection sociale, le gouvernement va continuer à sa mise à mal. Au programme, une nouvelle attaque contre notre système de retraite avec un rallongement de la durée de cotisations pour bientôt bénéficier de sa retraite à titre posthume ; mais aussi, une restructuration de la Sécurité Sociale à travers les ARS (1).
En effet, comme chaque année, « y’a le trou de la Sécu » à cause de ceux qui se soigneraient «trop» ; ce serait uniquement un problème de dépenses. Mais on oublie toujours de nous parler du problème de recettes, les exonérations offertes aux entreprises : «30,7 milliards d’euros, c’est le montant des exonérations de cotisations de Sécurité Sociale pour 2008, c’est aussi le montant du déficit de la Sécurité Sociale !» dixit notre secteur protection sociale de la Confédération.
Le choix est fait pour notre part. Il y a une urgence SANITAIRE à préserver notre protection sociale, non pas en l’offrant au marché financier en la mettant dans les mains des assurances privées mais, au contraire, en stoppant les exonérations patronales pour renforcer notre Sécurité Sociale qui fait des envieux même aux Etats-Unis. Nouveau pied de nez gouvernemental, la fiscalisation des accidents du travail, ou comment faire payer aux salariés les négligences des patrons.
Petit point de comparaison… après la « fulgurante » intervention du G20, une taxe sur les transactions est à la réflexion. Elle rapporterait 20 milliards au niveau mondial. Rien que le cadeau fait aux entreprises en France, c’est 30 milliards au détriment de la Sécu, sans oublier la remise en cause de la taxe professionnelle, manque à gagner qui sera sûrement payé par les ménages (nous).
La taxe professionnelle n’est pas la seule attaque contre les services publics, le maintien du paquet fiscal en est une autre. Face à ce déficit organisé, le gouvernement propose la RGPP (révision générale des politiques publiques) en passant par des privatisations. Les conséquences impacteront notre porte-monnaie. La Fédération Générale des Fonctionnaires FO les a listées (voir sa pétition en ligne contre ces attaques : F http://www.fo-fonctionnaires.fr/petition.html.)
«Les conséquences seront dramatiques :
- inégalités accrues entre les usagers, entre les citoyens, entre les collectivités territoriales ;
- accroissement des difficultés à accéder aux soins , à l’éducation, à la justice ;
- disparition des missions d’aides aux collectivités territoriales ;
- augmentation de la fiscalité locale et des coûts supplémentaires pour chaque citoyen qui voudra accéder à un service ;
- suppression (de plus en plus souhaitée par le gouvernement) de l’échelon départemental et sa fusion programmée avec la région ;
- abandon pur et simple des valeurs républicaines sur lesquelles repose l’organisation de l’Etat.»
Voici quelques attaques contre notre pouvoir d’achat et nos droits d’assurés sociaux et de citoyens…
Pouvoir d’achat, là aussi, le gouvernement nous a répondu par une augmentation du SMIC la plus méprisante qui soit : 0,4 centimes d’euro de l’heure (brut pour nous, exonéré pour les entreprises) dès le 1er janvier.
1 343,77 € par mois, soit 6,07 euros par mois de plus, ce salaire de référence est celui de nombreux salariés du commerce et, en particulier, pour une grande partie en temps partiel donc en dessous du seuil de pauvreté (2).
En effet, les minima de branches du Commerce sont souvent rattrapés par le SMIC, sans oublier les minima des cadres en dessous du plafond de la Sécu (2 885 € par mois).
Devant cette situation catastrophique, nous ne pouvons compter que sur nous mêmes, le plus nombreux possible, le plus unis possible ; «dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc.» (extrait de la Charte d’Amiens).
Nous savons que certains iront à notre encontre en accompagnant les mesures gouvernementales et à travers l’application de la loi sur la représentativité. Nous ne sommes pas les seuls à avoir cette analyse. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’ouvrir la discussion la plus large pour nous renforcer et préparer la contre offensive pour préserver et améliorer les intérêts des salariés du commerce et des autres secteurs dans une action interprofessionnelle efficace : une grève générale.
Sous forme de notes en bas de page
(1) Le projet de loi «Hôpital, Patients, Santé, Territoires» crée de toutes pièces des Agences Régionales de Santé (ARS) qui prendraient la place des agences régionales d’hospitalisation, des groupements régionaux de santé publique, mais aussi des unions régionales des caisses d’assurance maladie, des
missions régionales de santé et des caisses régionales d’assurance maladie (exception faite pour la retraite, la protection de la santé et l’action sanitaire et sociale vieillesse) (Source : http://www.fecfo.fr/spip.php?article274 ).
(2) Les seuils de pauvreté en France le 14 octobre 2009. En France, un individu peut être considéré comme « pauvre » quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 757 ou 908 euros (données 2007) selon la définition de la pauvreté utilisée (seuil à 50 % ou à 60 % du niveau de vie médian). Le revenu pris en compte est le revenu dit « disponible » : après impôts et prestations sociales.







