Journal Employés Cadres général

Conférence mondiale d’UNI Commerce

Du 13 au 15 juin s’est déroulée la Conférence mondiale d’UNI Commerce (organisation syndicale internationale à laquelle nous sommes affiliés). Deux membres de la Section commerce de la FEC FO se sont déplacés. Près de 300 syndicalistes venus des 4 coins du monde se sont réunis pour fixer le cap des 4 prochaines années d’UNI Commerce. Les objectifs de cette organisation sont d’unir les travailleurs malgré leurs différences et comprendre les intérêts communs.

Lors de la première intervention de cette conférence, Stuart APPELBAUL, Président d’UNI Commerce et syndicaliste américain, a déclaré : « Je suis inquiet par ce qui se passe dans mon pays et dans le monde entier concernant les droits des travailleurs. » Il a précisé que les politiques en général, privilégiaient une poignée de personnes dans le monde.

Or rappelons que le monde n’appartient pas à une poignée de nantis. Tous les travailleurs méritent d’être traités convenablement et rémunérés convenablement.

Tout le monde se souvient de l’effondrement de l’usine du Rana Plaza au Bangladesh et de la mort de 1 135 travailleurs de 2013. Depuis, UNI Global a œuvré pour un accord sur le Bangladesh avec plus de 200 multinationales de distribution. Cela a permis la réhabilitation de plus de 400 usines couvertes par l’accord et une remise en état à 90%. 65 usines ont intégralement achevé la réhabilitation par rapport aux inspections initiales. Plus de 300 comités de sécurité conjoints patronat-syndicats reçoivent une formation et des équipements permettant de surveiller la sécurité dans les usines au quotidien. Un mécanisme indépendant et crédible de plaintes pour la sécurité prévu par l’accord a résolu plus de 90 plaintes de sécurité émanant des travailleurs et de leurs représentants.

Des négociations sont en cours pour proroger l’accord au-delà de son expiration en 2018.

Mais le Bangladesh n’est toujours pas signataire des Conventions de l’OIT sur la sécurité et la santé au travail et sur les droits de s’organiser en syndicat.

Nous avons aussi échangé avec nos homologues allemands qui nous recevaient…

ü Ils nous ont dit avoir cédé pour augmenter les horaires de fermetures jusqu’à 22 heures car on leur avait assuré que c’était la solution au maintien des emplois et pour sortir de la crise : malgré cela, des enseignes ont fermé.

 

ü Ils nous ont dit avoir cédé à plus de flexibilité et aucune revalorisation salariale car on leur avait assuré que c’était la solution au maintien des emplois et pour sortir de la crise : les dividendes des actionnaires ont continué de croître, le nombre de salariés, de diminuer avec toujours plus de productivité et de pression.

 

ü Ils nous ont dit avoir cédé à plus de polyvalence car on leur avait assuré que c’était la solution au maintien des emplois et pour sortir de la crise : cela n’a donné aucune reconnaissance, aucune augmentation de salaire mais cela a accentué les diminutions de postes.

 

ü Ils nous ont enfin parlé du TRAVAIL DU DIMANCHE et c’en est trop ! Eux aussi veulent travailler pour vivre et non vivre pour travailler ! Ils veulent conserver ce jour commun à la majorité des travailleurs pour un modèle de vie social et culturel.

NON au travail le dimanche ! En France comme en Allemagne…

Le syndicat allemand VER.DI s’oppose aux exigences des multinationales et défend les pauses des salariés, les jours chômés, les vacances et les dimanches… Tout cela étant remis en cause alors que cela a été acquis auprès de longues luttes.

A quand une véritable action UNI pour la défense du Repos Dominical ?

Le e-commerce

Le e-commerce est l’un des marchés de l’économie mondiale qui connaît la croissance la plus rapide. Il s’étend sur de nombreux secteurs traditionnels. Amazon est, de très loin, le numéro 1 du marché. Ils tirent aussi profit de la faible réglementation d’un secteur en rapide mutation. Notre objectif est de transformer des emplois précaires issus du e-commerce en logistique en emplois décents. Effectivement, aujourd’hui, les emplois de la logistique sont des emplois complexes, avec des horaires de travail difficiles (travail de nuit), avec une capacité d’adaptation importante ; tout cela avec courtoisie et le sourire. Les emplois de la logistique sont des emplois avec des qualifications qui méritent des salaires intégrant leur qualification. La place des syndicats dans les entreprises du e-commerce est donc un enjeu important. Et nous sommes persuadés qu’il est possible de créer des emplois, de les rémunérer correctement et de faire encore de gracieux bénéfices.

Le personnel du commerce et du e-commerce doit être protégé. Le numérique et les nouvelles technologies doivent alléger le travail et non servir à le contrôler ou le remplacer. C’est la logique de : « c’est le travail qui s’adapte à l’homme et non l’homme au travail« .

Les entreprises du monde entier œuvrent pour l’automatisation, et ce sont 30 à 50% des emplois qui sont en danger. Nous pensons qu’il existe un autre chemin pour faire face au e-commerce. Une législation protégeant les entreprises qui sont créatrices d’emplois convenables contre d’autres qui exploitent des femmes, des hommes et des enfants qui ont à peine de quoi survivre.

Tous les travailleurs du monde entier ont droit au respect, droit de s’exprimer librement, et d’être rémunérés correctement.

« Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu« .

Cette citation de Bertold BRECHT est revenue plusieurs fois à la bouche des participants. Nombreux ont rappelé que les syndicalistes se battent dans le monde pour plus de démocratie et pour les Droits de l’Homme. De nombreuses personnes qui se syndiquent dans le monde sont menacées. Nous saluons leur courage, leur audace et leur force, et nous leur apportons toute notre solidarité. Les espaces d’expression se réduisent même dans les pays dit « démocratiques », leurs droits de vote, de s’associer, de se réunir sont bafoués. Nous avons une pensée pour toutes ces femmes et hommes au courage infaillible. Nous pensons fortement à Hans SANG-GYUN, Président du syndicat coréen du sud (le KCTU) emprisonné depuis un an pour avoir dirigé une série de rassemblements syndicaux en 2015 face aux attaques incessantes lancées par le gouvernement contre les Droits de l’Homme et les droits syndicaux.

Nous nous sommes donné rendez-vous dans un an au Congrès d’UNI GLOBAL à Liverpool…

Mais en attendant, la Section Commerce de la FEC FO continuera à se battre pour faire respecter nos droits ; car défendre nos droits en France, c’est consolider les droits de tous les travailleurs du monde.

 

Roxane IDOUDI

Membre du Bureau SFP COMMERCE

Mots-clefs :, , , , , , ,

A propos de syndicat FO commerce

Section du COMMERCE de la Fédération des Employés et Cadres Force Ouvrière. (Regroupement des syndicats du commerce non alimentaire). commerce@fecfo.fr

ENSEMBLE POUR SAINT-CLAUDE |
interlignes |
PRS Isère |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Nous n'irons plus voter
| Ségolène Présidente
| Schivardi médias 2007