Journal Employés Cadres général

Prises de paroles de camarades du Commerce durant le Congrès confédéral

Mes camarades,

Je vous apporte le salut fraternel du Syndicat FO du Commerce du Rhône (…).Vous relater la réalité de notre secteur d’activité relève de la pure bravade. En effet, comment traduire en quelques minutes le quotidien d’un commerce qui ferme chaque jour de nouvelles enseignes, en franchise d’autres et précarise toujours plus ses salariés ? Comment vous relater la vie quotidienne d’un conseiller de vente, payé au SMIC, à qui, pour booster la fin du mois, on fait miroiter une soi-disant prime d’objectif, mais dont ledit objectif est systématiquement placé un poil trop haut pour espérer être atteint ? Comment vous raconter la charge de travail pesant sur ses épaules quand, au sein d’un rayon dévasté par le sous-effectif, il se voit contraint d’endosser simultanément les charges de conseiller, logisticien, caissier, merchandiseur, étalagiste, agent d’entretien, homme-pipi, et ce pour son rayon comme pour ceux des autres qui, parfois littéralement écrasés, n’ont pu soutenir la pression, le laissant seul à sa tâche et dans une situation intenable ? Quand notre conseiller est missionné en caisse (…) une file d’attente se crée, qui le fixe à ce poste pendant au moins quinze minutes. Mais durant ces quinze minutes, d’autres clients, ravis enfin de trouver quelqu’un pour les encaisser, viennent allonger la file. Et au final, le camarade a perdu deux heures de sa journée, son chiffre s’en ressent et du côté de la direction, on vient de faire d’une pierre deux coups. D’un côté on a diminué les frais de personnel et de l’autre, on a économisé la prime du « bon con » qui reste fidèle à son poste et trime comme un pégu. Si la situation devait en rester là, elle serait déjà dramatique (…).Durant ce même temps, les clients mécontents de ne plus trouver aucun conseiller demandent à déposer une réclamation. On leur remet alors un fichier type, spécialement prévu à cet effet, baptisé INIT(…). Le client dépose sa réclamation, en bon délateur si caractéristique d’une certaine mentalité bien française parfois, et notre pauvre bougre bloqué en caisse et qui n’a pas pu conseiller le client se le voit reprocher ! Comment supporter cela à longueur de journées, de mois, et pour finir d’années ? Lorsque le conseiller rentre chez lui (…) il est éreinté, brisé physiquement et psychologiquement. Heureusement, il lui reste les week-ends pour… ah non, merde ! J’avais oublié ! Maintenant, il se cogne même le dimanche ! Ben oui, vu son salaire pourri, sa prime inatteignable et la pression -non plus de ses managers, mais parfois de ses propres collègues-, il n’a pas le choix ! Il n’a même plus ses dimanches ! Sérieusement, comment pouvons-nous supporter cela sans hurler ? Je vous parle ici du poste de vente, mais je pense bien évidemment à tous les salariés du Commerce, d’une logistique abandonnée à un personnel administratif centralisé. La liste pourrait continuer indéfiniment (…) Mais je m’arrêterai ici car je tiens, pour conclure, à vous rapporter une conversation, entretenue voici quelques jours avec une secrétaire de direction des Galeries Lafayette de Lyon Part-Dieu (…).Nous parlions de la grève actuelle des cheminots. La collègue m’expliquait, de manière assez virulente, son exaspération de devoir subir chaque jour cette véritable prise d’otages. A ce discours, que l’on entend, il est vrai, à longueur de TF1, RMC et autres soi-disant médias d’opinion, j’ai apporté la réponse suivante : « Bernadette, si vous réagissez de manière si épidermique lorsque la SNCF vous impose ces contraintes, c’est parce que cette même SNCF vous permet d’aller bosser toute l’année sans même que vous ne vous en rendiez compte. Vous êtes tellement habituée à profiter au quotidien d’un réseau qui demeure l’un des meilleurs réseaux d’Europe, que vous ne vous rendez plus compte de cette dépendance seulement que quand ses travailleurs se mettent en grève pour continuer de vous en faire bénéficier ! Quand demain, la suppression du statut et l’ouverture à la concurrence viendront massacrer, cliver et sectoriser ce réseau, je peux vous dire qu’il ne vous restera plus que vos yeux pour pleurer. Et quand après-demain, votre poste sera menacé par la centralisation, vous repenserez à ce temps béni où la SNCF vous permettait, tout simplement et hormis quelques retards ou quelques jours de grève par an, de venir travailler ». Elle m’a alors répondu : « Victor, vous avez peut-être raison, mais ce genre de discours absolu et jusqu’au-boutiste pousse aujourd’hui les peuples vers les extrêmes ! ». Alors, je lui ai tout simplement rétorqué : « Mais ce qui pousse les gens vers les extrêmes, c’est précisément la mise à mort programmée depuis des décennies de la Sécurité sociale, de la SNCF, des hôpitaux, de tout le service public ! C’est la précarisation galopante des citoyens sacrifiés sur l’autel de l’austérité, quand une infime minorité se gave et s’engraisse à leurs dépens ! C’est en définitive le massacre de tout ce qui faisait jadis l’identité culturelle de la France, désormais condamnée à se soumettre à un capitalisme sans règle et à un libéralisme sans scrupule qui n’ont jamais, jamais constitué son identité ! » (…) GRÈVE GÉNÉRALE, MES CAMARADES ! MORT AUX ORDONNANCES ! VIVE LA LIBERTÉ ET L’INDÉPENDANCE DANS L’UNITÉ SYNDICALE, VIVE FORCE OUVRIÈRE !

Victor PIETRIGA, Délégué syndical Galeries Lafayette à LYON

Cher(e)s Camarades,

Je vous apporte le salut fraternel du Syndicat Monoprix Bretagne Nord-Ouest. Je suis fière d’appartenir à une Organisation syndicale qui défend encore les valeurs inscrites dans la Charte d’Amiens. Mais aujourd’hui les principes d’un syndicalisme libre et indépendant et les intérêts des travailleurs sont attaqués de toutes parts par une classe politique qui ne regarde que ses propres intérêts et par le grand patronat qui ne pense qu’à augmenter les dividendes des actionnaires. Normal me direz-vous, avec un Président de la République issu de la banque ROTHSCHILD et donc du monde de la finance ; sans oublier également les cabinets ministériels désormais aux mains des DRH et des patrons d’entreprise aux rémunérations extravagantes ! Tant le public que le privé, nous sommes confrontés à des décisions graves prises sans dialogue et surtout sans aucune négociation, ou alors qui ne sont pas menées de bonne foi. Alors, face à un système où les intérêts individuels et collectifs des travailleurs sont bafoués et où notre place en tant que syndicalistes libres et indépendants est menacée, il est temps de rentrer en résistance. Ça implique, bien sûr, que nous nous mobilisions pour défendre nos acquis. Mais aussi que nous revendiquions de nouvelles conquêtes sociales pour les travailleurs du privé, du public, mais aussi pour les chômeurs et les retraités. Tous les salarié(e)s sont touché(e)s de plein fouet ! Les entreprises investissent des millions pour se développer dans de nouvelles formes de marchés, via notamment internet. Parlons de la grande distribution. Ici, il est question de Monoprix, qui a dépensé des sommes énormes pour le rachat du site Sarenza, et depuis peu, une fusion avec Amazon, sans en informer les instances représentatives du personnel. Dans cette entreprise, sachez-le, une caissière en fin de carrière se trouve toujours en bas de la grille des salaires, elle partira avec une retraite de 800 euros environ. Et aujourd’hui, le gouvernement la met à contribution pour la CSG ! Sans compter, si elle termine sa carrière ! Notre Président, Régis Schultz prévoit d’automatiser un magasin sur deux d’ici 2025, soit dans SEPT ans ! On compte plus de 22 000 collaborateurs au sein de l’enseigne ; Alors, demain, on fait quoi !?! Les personnes partant en retraite ne seront pas remplacées, pour le moment, et l’intérêt de l’enseigne est surtout de faire encore plus de profits ! L’enseigne n’est pas une exception, les mouvements sociaux s’enchaînent : la SNCF, Carrefour, abattoir Doux, Jules, Brice et j’en passe ! Le mandat de déléguée syndicale, que je porte fièrement et avec convictions, me mets parfois dans une situation inconfortable vis-à-vis de mes collègues de travail, surtout  lorsque deux fédérations FORCE OUVRIERE ont des positions contradictoires. Notamment sur le travail du dimanche ! Les mouvements de grève de l’année dernière ont divisé la base, cependant celles de septembre, suite à un vote unanime à l’Union Départementale des Côtes d’Armor, ont tout de même eu lieu (…). J’ai adhéré à FO en 2016 car c’était, à mes yeux, la seule Organisation syndicale crédible pour défendre les intérêts des travailleurs. Et cette même année aux élections professionnelles pour la première fois qu’une liste FO se présentait, nous les avons remportées avec plus de 64% de représentativité (…) Je crois que notre futur Secrétaire général aura bien compris qu’il y a actuellement un malaise au sein de Force Ouvrière et qu’il est urgent d’afficher des positions CLAIRES ! LE COMBAT CONTINUE ! OUI AU MAINTIEN DU CODE DU TRAVAIL ! OUI A LA PRESERVATION ET AU RENFORCEMENT DE NOTRE SERVICE PUBLIC ! OUI A LA RESISTANCE ! OUI A LA GREVE GENERALE ! VIVE LE SYNDICALISME LIBRE ET INDEPENDANT ! VIVE FORCE OUVRIERE.

 

 

Delphine Guégan et Pascal Pavageau, nouveau Secrétaire général

Delphine GUEGAN, Déléguée Syndicale Monoprix

 

 

 

 

 

Cher(e)s camarades,

Je vous adresse le salut fraternel de la FEC FO Section Commerce & VRP et du Syndicat du Commerce de la Gironde. (…) Nous apportons tous nos espoirs en Pascal PAVAGEAU et son équipe pour les combats et reconquêtes sociales à venir. Nous avons été attentifs et sensibles aux camarades cheminots. Nous saluons et soutenons leur mouvement. Comme il a été dit, s’attaquer aux services publics, c’est s’attaquer à l’ensemble des salariés et particulièrement les plus fragiles. Au Commerce, les salariés soumis au temps partiel, aux bas salaires, nous savons ce que c’est et nous savons que les services publics sont le dernier rempart contre la misère. Les salariés du privé sont aussi attaqués et fragilisés avec les successions des lois MACRON, EL KHOMRI et ordonnances. Les camarades du Commerce sont malmenés. Vous avez pu entendre Delphine de Monoprix  tout à l’heure, mais on aurait pu vous parler des conditions de travail d’Amazon, le harcèlement fait à la déléguée syndicale centrale Audrey ROSELLINI de C&A, le PSE de Castorama qui externalise la comptabilité en Pologne, la vente des Galeries Lafayette, la faillite de Conforama liée aux malversations du patron sud-africain. Mais aussi Pimkie ou Nadia, déléguée syndicale de Happy chic (Secrétaire du Syndicat du Commerce du Nord) connu notamment sous les enseignes Brice et Jules. Ces dernières enseignes, appartenant à la famille Mulliez, bien connues dans ces terres du Nord : patrons scélérats ! Les temps sont durs… et il y en a marre des attaques contre les travailleurs et contre le syndicalisme en général. Mes chers copains, c’est ainsi que j’aime vous appeler. Du latin « cum panem » = celui avec lequel on partage le pain. Si on partage le pain, on partage sa croûte et si gagner sa croûte passe par le travail, alors, partager sa croûte passe par le partage du travail. Idée bien plus réformiste que toutes les idées que j’ai pu entendre ces dernières années. Oui, mes chers copains, au partage du pain… et non à l’asservissement comme la remise en cause d’un second jour férié sacrifié : hier pour nos anciens, demain pour nos jeunes… En réalité, des jours fériés qui ne deviennent des jours volés. Eh bien non, ce n’est pas le sens de l’histoire ! Le partage du travail, voilà une revendication réformiste et audacieuse !!!! Croyez-vous qu’en 36, les ouvriers imaginaient un seul instant qu’ils obtiendraient des congés payés ? Ayons le courage de nos convictions et revendiquons sur ces terres du Nord, dans nos résolutions, la poursuite d’une réduction de travail, que la Section Commerce de la FEC FO porte déjà depuis des années dans ses propres résolutions. A FO, nous ne sommes pas contre le progrès technologique mais nous savons que la révolution technologique entraîne ou va entrainer une casse sociale sans précédent. Avec l’intelligence artificielle, des milliers d’emplois vont disparaitre. Dans le Commerce, les caissières sont peu à peu remplacées par des machines. C’est la course aux magasins à zéro salarié. Dans les entrepôts, des robots remplacent les logisticiens. Il est peu probable que les nouvelles technologies créent autant d’emplois qu’elles en détruisent. Se partager le travail raisonnablement pour que chacun ait la dignité d’apporter sa pierre, c’est ça le progrès social et non un revenu universel. Revendiquons la semaine de 4 jours à 28 heures ! Ça, ça permet de créer des emplois ! Soyons courageux, inventifs, innovants, réformistes quoi ! Non nous ne sommes pas fous ! Nous ne sommes pas utopistes ! Nous n’avons pas d’idées « croquignolesques » ! Nous ne sommes pas des fainéants ! Nous ne sommes pas des riens ! Vive le syndicalisme libre et indépendant, vive la Confédération générale du travail Force Ouvrière !

Roxane IDOUDI

 

Nadia Ferrante, DS Happy Chic et Secrétaire du Syndicat Commerce 59, Frédéric Da Paz, DS Nature & Découvertes et Secrétaire du Syndicat Commerce 75, Daniel Helderal, DS Boulanger

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A propos de syndicat FO commerce

Section du COMMERCE de la Fédération des Employés et Cadres Force Ouvrière. (Regroupement des syndicats du commerce non alimentaire). commerce@fecfo.fr

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