Journal Employés Cadres général

L’absentéisme dans le Commerce et déclaration du Premier ministre

L’intervention d’Edouard Philippe, Premier ministre, ne vous aura pas échappé: « En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire« . Sacré coup bas en période estivale, période principale de nos congés payés si durement gagnés.

 

Nos congés payés sont sans cesse remis en cause :

-          difficulté de poser des CP aux mêmes dates que notre famille ;

-          incitation à poser nos CP dans un compte épargne temps (car on n’en n’a pas vraiment besoin) ;

-          don de CP à des collègues en grande difficulté liée à la fin de vie d’un proche ;

-          intervention de chroniqueurs, d’éditorialistes (tel que Christophe Barbier) qui demandent aux français de renoncer à leur 5ème semaine de congés ou font différents articles sur le fait que les français ont trop de vacances.

 

Les Français sont souvent comparés au modèle allemand (quand ça arrange !). Eh oui, les Allemands n’ont que 20 jours de congés payés. Mais on regarde moins outre-Manche car les Anglais ont 28 jours contre 25 jours pour les Français.

 

Et les Français seraient des malades imaginaires :

La nouvelle attaque d’Edouard Philippe, prend cette fois-ci un tout autre angle : assimiler des absences maladies à des congés payés comme si les Français se portaient pâles uniquement pour se reposer avec des arrêts de complaisance !

 

Alors que dire sur l’absentéisme en général en France et plus particulièrement dans le secteur du Commerce ?

En moyenne les Français du privé sont absents 16,8 jours par an. Cependant, tous ces jours ne sont pas forcément indemnisés à cause des règles édictées par la Sécurité sociale (les fameux 3 jours de carence). Comparativement, les salariés du Commerce sont absents 15,7 jours (soit 2 jours de moins que la moyenne nationale) mais en légère progression par rapport à 2015 qui était de 14,4 jours.

Cet absentéisme engendré, pour moitié, par des politiques managériales brutales, par la dégradation des conditions de travail, par des exigences de travail trop élevées, par un manque de reconnaissance (dont notamment l’insatisfaction de la rémunération) altère la santé physique et/ou mentale des salariés. Cela veut dire que les entreprises pourraient fortement réduire le taux de l’absentéisme avec la mise en place de véritables politiques sociales, de meilleurs salaires et de meilleures adaptations entre vie personnelle et vie professionnelle.

Comparées à leurs homologues européennes, les Directions des Ressources Humaines françaises, sont les moins mobilisées dans la lutte contre l’absentéisme. Avec la disparition des CHSCT, la Section fédérale du Commerce & VRP craint que ce sujet soit encore moins pris en compte par les entreprises.

Nous restons persuadés que pour que les entreprises prennent au sérieux ce sujet, il faut un caractère obligatoire avec pénalités financières. L’annonce faite par la ministre du Travail, Agnès Buzyn, nous avait semblé pertinente : « … Si les raisons sont liées à une hausse de la pénibilité psychologique, les entreprises ont un rôle à jouer ».

Le journal « Les Echos » révélait qu’un projet de réforme envisageait de transférer la prise en charge de quatre jours d’indemnités journalières pour les arrêts de moins de huit jours de la Sécurité sociale aux entreprises.

Mais le MEDEF, la CGPME et la ministre du Travail (ex-DRH) ne voient pas cela du même œil estimant que cela mettrait un coup d’arrêt aux effets bénéfiques des ordonnances Macron (coût estimé à la charge des employeurs 900 millions d’euros).

Oui mais, dans le Commerce, les salariés n’ont toujours pas vu les effets « bénéfiques des ordonnances Macron ». Par contre, ils voient arriver le CICE, cadeau fiscal fait aux entreprises, qui sera transformé, au 1er octobre 2019, en allègement « pérenne » des cotisations sociales pour les rémunérations n’excédant pas 2,5 fois le Smic.

Il faut également souligner la dégradation du taux d’absentéisme liée aux différentes réformes sur les retraites et le report à 62 voire 67 ans de l’âge légal des départs à la retraite. En effet, les plus de 55 ans, sont la catégorie de salariés les plus touchés par l’absentéisme (24 jours en moyenne et 28 jours dans le commerce). Eh oui, on fatigue en vieillissant !

 

Cela met également l’accent sur la difficulté pour les salariés de changer de postes au cours de leur carrière professionnelle, continuant ainsi à être exposés aux mêmes facteurs d’usure tout au long de leur vie. Et ce n’est pas le projet de réforme de la retraite par points qui fera baisser les taux d’absentéisme, puisqu’il aura pour conséquence de repousser encore un peu plus l’âge de départ en retraite.

 

Tous les chiffres, statistiques, études de cet article sont issus de sources vérifiables sur  www.mercer.com et www.ayming.fr (les éditions du Baromètre de l’Absentéisme avec la collaboration d’AG2R).

Mots-clefs :, , , , , ,

A propos de syndicat FO commerce

Section du COMMERCE de la Fédération des Employés et Cadres Force Ouvrière. (Regroupement des syndicats du commerce non alimentaire). commerce@fecfo.fr

ENSEMBLE POUR SAINT-CLAUDE |
interlignes |
PRS Isère |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Nous n'irons plus voter
| Ségolène Présidente
| Schivardi médias 2007